Les Salins d'Hyères

Hyères = aeras = aires à battre le sel

 

Site naturelle remarquable labellisé « zone humide d’importance internationale » au titre de la convention RAMSAR (signée en 1971).

 

Site intégré au réseau des sites Natura 2000  (espaces abritant des habitats, des espèces animales ou végétales rares ou menacées et protégées au niveau européen)

                               Les Salins d’Hyères sont composés

 

-   Des Vieux Salins : au long du littoral sur environ 3 km (entre le port de Pothuau et la Londe-les-Maures), composés de différentes petites exploitations salinières indépendantes réunies en une seule unité de production au XIXe siècle, structure en mosaïque, de 350 hectares.

 

Le salin des Pesquiers : récent (1848), une seule unité de production de 550 hectares dans la partie centrale du double tombolo de la presqu’île de Giens, structure quadrillée quasi-parfaite.

 

L’histoire des Salins

 

L’exploitation du site des Vieux Salins débute dès l’Antiquité (IVe siècle av J-C). Sédentarisation de l’homme  comme les habitants d’Olbia (comptoir maritime gréco-romain au nord-ouest de la presqu’île de Giens)

 

963 après J-C : premier document écrit (Charte de l’empereur Conrad) mentionnant les salins d’Hyères

 

1229 : âge d’or des Salins, échange avec l’Italie. Une charte commerciale est signée avec la ville de Gènes assurant le quasi-monopole de la production.

 

Du XVIe au XIXe siècle : période de déclin car les salins étaient soumis à la pression de la gabelle (impôt sur le sel qui sera abolie en 1946). Sur chaque salin, les douaniers contrôlaient et taxaient le sel en fonction de sa destination (agriculture, conservation, consommation…).

 

 1848 : création du Salin des Pesquiers pour répondre à la demande des industriels.

 

1856 : achat des Vieux Salins par la compagnie des Salins du Midi.

 

1967 : achat cette fois-ci du Salin des Pesquiers et arrêt de la production sur le site des Vieux Salins.

 

1984 : malgré la remise en fonction des Vieux Salins, la gestion et l’entretien restent trop coûteux.

 

1995 : La Compagnie des Salins du Midi cesse définitivement les activités pour l’ensemble des Salins de Hyères pour des raisons économiques.

 

2001 : acquisition par le Conservatoire du littoral et en partenariat avec la commune d’Hyères et le Parc National de Port-Cros qui en assurent la gestion.

 

2004 : Transfert de la gestion, entretien et mise en valeur à la TPM (Toulon Provence Méditerranée)

Le Sel

 

Le sel est un minéral indispensable à la vie, au corps humain, utilisé en cuisine, en tant que conservateur, dans les industries, pour le déneigement des routes…. Bref, « multi fonctions » ! A la fois symbole positif (sel de l’amitié..) et négatif (absence de sel lors des sabbats repas de sorcières, malheur à celui qui renverse le sel à table, conjurer un mauvais sort en jetant une pincée au-dessus de son épaule…) Bref, « multi-croyances » !

 

Mais quelles sont les étapes de la production de sel ?

 

 

Les salins ont pour but de favoriser l’évaporation de l’eau de mer et permettre la cristallisation  du sel. Il faut une zone lagunaire, du vent en permanence et du soleil !

 

 

L’eau de mer a une salinité de 29g/l. En mars, elle est captée par un canal d’alimentation et entre par les portes martelières. Elle s’écoule dans les étangs par gravité (ceux-ci étant en dessus du niveau de la mer). Ces étangs servent de premiers bassins de stockage  et d’évaporation. La concentration y est de 50g/l. Le saunier puise l’eau avec des pompes et l’envoie sur des partènements ou des surfaces préparatoires. L’eau serpente sur 10 km environ de bassin en bassin et subit 90 % d’évaporation sous l’action du vent et du soleil. Elle arrive saturée dans les bassins de tête et elle est envoyée sur les tables salantes. L’eau est alors à 260g/l et le sel finit par se cristalliser. Lorsque l’épaisseur de sel est d’environ 10 cm, le saunier retire l’eau mère (résiduelle). En août, la récolte peut commencer.

Porte martelière permettant de contrôler la circulation de l'eau sur le réseau hydraulique primaire.
Porte martelière permettant de contrôler la circulation de l'eau sur le réseau hydraulique primaire.
Partènement : unité hydraulique favorisant l'évaporation de l'eau.
Partènement : unité hydraulique favorisant l'évaporation de l'eau.
Echelle au niveau de l'eau permettant de mesurer la hauteur de la lame d'eau dans les canaux et les bassins.
Echelle au niveau de l'eau permettant de mesurer la hauteur de la lame d'eau dans les canaux et les bassins.
Photo prise sur le site
Photo prise sur le site

Le sel est mis en camelles (tas de sel). La récolte est manuelle jusqu’au début du XXe siècle : utilisation de banastes (paniers), remplacées par des brouettes en 1904 puis le chemin de fer Decauville en 1912. Dès 1945, utilisation de récolteurs mécaniques.

 

Photos prises sur le site

 Il est conditionné puis expédié (la production des Salins d’Hyères est expédié quasi totalement par voie maritime jusqu’en 1950). Dernière récolte de sel en 1995 dans le salin des Pesquiers.

 

Des espaces exceptionnels : représentatifs des zones humides littorales méditerranéenne.

 

Depuis le début du XXe siècle, près de 70 % des zones humides métropolitaines ont disparu dont la moitié entre 1960 et 1990. Leurs fonctions sont pourtant essentielles pour l’équilibre écologique (crues, filtration des pollutions, maintien d’une biodiversité exceptionnelle). D’ailleurs, les différents ouvrages structurant le circuit de l’eau sont toujours en fonction non plus pour la production de sel mais pour la biodiversité.

 

 

On trouve plus de 36 habitats naturels dont 14 sont d’intérêt européen Natura 2000 :

 -                                                      -   environ 300 espèces végétales dont plus d’une vingtaine sont protégées

 -                                                      -   richesse ornithologique : plus de 260 espèces d’oiseaux

 

Erodium Bec de cigogne (Erodium cicomium)
Erodium Bec de cigogne (Erodium cicomium)

Lagunes ou étangs (lien avec la mer)

Eau profonde et salinité proche de celle de l’eau de mer. Présence des oiseaux piscivores (mouettes, cormorans, aigrettes garzettes, grèbes, hérons cendrés)  dû une végétation aquatique riche (herbiers de Ruppia..) et à la présence de poissons en eau saumâtre (mulets, athérines).

 

Les bassins

Peu profonds et salinité variable. Oiseaux d’eau  avec les flamants roses, le tardone de Belon et les échassiers (avocettes élégantes, échasses blanches…). Lorsque le niveau est bas, présence des oiseaux limicoles qui se nourrissent de larves dans les vasières.

 

Les sansouires

Lorsque les bassins sont asséchés en été, il se forme un tapis continu de salicorne. Dans ces prés salés à salicorne, les oiseaux hivernants ou migrateurs se cachent dans les buissons bas.

 

Les dunes

Plantes adaptées au sel et sol sableux (lys des sables). On trouve successivement les dunes embryonnaires à chiendent, dunes blanches aux épis soyeux des oyats, dunes grises avec les tamaris africains et les pins. Écosystème important : stabilisation du littoral et abri d’espèces rares.

 

Pinède littorale

Les pins sont soumis aux mauvaises conditions climatiques et au stress, mortalité importante donc pinède limitée (paysage ouvert).

 

Ripisylve

Présence de plantes exotiques invasives (mimosa, griffe de sorcière, herbe de la pampa, Oxalis du cap, Muguet de la pampa). Bordée de Tamaris africains.

Prairies humides

Les prés salés à salicornes et pelouses à orchidées, plantes à bulbe. Inondées exceptionnellement, salinité faible. Présence de petits mammifères et serpents.

Les quelques plantes protégées : Ail petit moly, Liseron des sables, Euphorbe, Matthiole à trois corne, Ophrys bombyx et brillant, Lys de mer, Romulé, Sérapias, Tamaris africain.

 

Les plantes invasives : Mimosa chenille, Griffe de sorcière, Herbe de la Pampa, famille des asperges, eucalyptus.

 

La faune

 

Fonctions du site : nourrissage, refuge et reproduction.

 

Faune aquatique : réservoir alimentaire des oiseaux (crustacées, mulets, athérines). Les salins servent de nurserie et refuge pour certains poissons comme la daurade, le loup, la sole et les anguilles (présence de passe à poissons).

Invertébrés : à la base de la chaîne alimentaire (les chauves-souris se nourrissent d’insectes).

 -        -  Coléoptères (scarabées, coccinelles, hannetons…)

 -       - Diptères (mouches, moustiques…)

 -       - Hyménoptères (abeilles, guêpes…)

 -       - Hémiptère (cigales)

 -       - Odonates (libellules) et Ephéméroptère (éphémères)

 -       - Lépidoptères (papillons machaon, Demi–deuil, Belle-Dame, Mélitée orangé et citron de Provence et 2 espèces protégés la Diane et l’écaille chiné)

 

Les amphibiens : rainette méridionale, grenouille rieuse

 

Les reptiles (couleuvres, lézards) : orvet, couleuvre de Montpellier, couleuvre à collier, Seps strié, couleuvre vipérine, couleuvre à échelon, Tarente de Maurètanie (geckos) et Cistude d’Europe (tortue d’eau douce protégée).

 

Les couleuvres ont neuf grosses écailles sur la tête, une rangée d'écailles entre l'œil et la bouche, une pupille ronde et une queue longue, effilée alors que les vipères ont de toutes petites écailles céphaliques, deux ou trois rangées d'écailles entre l'œil et la bouche, une pupille verticale et une queue brusquement rétrécie. Savoir différencier la couleuvre du serpent: blog regard animalier.

 

Les mammifères : renards roux, sangliers, hérissons d’Europe, campagnols, belettes et blaireaux.

 

Les oiseaux : espèces hivernantes et migratrices (sterne caugek, balbusard pêcheur, le cormoran, la mouette mélanocéphale, rapaces, passereaux…), les espèces exceptionnelles (pélicans, grues cendrées), les espèces nicheuses (l’échasse blanche, la mouette rieuse, l’avocette élégante, la sterne pierregarin, le goéland railleur, la sterne naine et le tadorne de Belon) et les espèces non nicheuses (héron, aigrette garzette et le flamant rose).

Le Tardone de Belon
Le Tardone de Belon

Mouettes rieuses et échasses blanches

Flamants roses Phoenicopterus roseus : reproduction en Camargue en été (un œuf unique) et retour dans les salins d’Hyères pour se reposer et s’y nourrir. Ils naissent gris, coloration rose dû à son alimentation (petit crustacée Artémia salina se nourrissant lui-même d’une algue rouge contenant du béta carotène).

Renseignements et réservations

 

Visites, promenades et événements organisés toute l’année des Salins comme la visite guidée les « mémoires du sel » 1h30.

 

Programme et réservations au 04.94.01.36.33 ou salins-hyeres@tpmed.org

 

Espace nature du site des Vieux Salins : 04.94.01.09.77

 

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